P R E S S   R E A L I S E

La Gazette de Montpellier, septembre 2005

Galerie Toubkal :
Rita Alaoui conte fleurette

Des fleurs de toutes les couleurs. Rita Alaoui, jeune artiste marocaine de 33ans, expose une dizaine de toiles à la galerie Toubkal, jusqu’au 16 décembre. Constat au premier regard : ses tableaux débordent d’énergie, de couleurs et deplantes. “Le sujet de mes toiles est essentiellement végétal, des fleurs, despetits pois, remarque Rita Alaoui, tout ce qui pousse me passionne. Pas de message idéologique, juste un hymne à la vie.” Le nom de ses œuvres parlent : “Ardeur”, “Vie” ou “Fleurissante 1”. D’après Moulim Larroussi, historien d’art à Rabat : “Elle efface tout de la terre pour revivre le moment jubilatoire de voir renaître la vie des profondeurs”. L’attrait pour les fleurs est présent dans le parcours de Rita depuis 8 ans. “L’origine provient peut-être d’une frustration, concède-t-elle, car je n’ai pas la main verte, tout en me sentant très proche de la terre”. Une exposition de la nouvelle vague marocaine à ne pas manquer.

Marilyn Beaufour,
Journaliste et critique d'art

 

ArtVues , Septembre 2005
Magazine d’art du Sud de la France.

« Montpellier est en plein remodelage. Aux galeries qui se sont imposées depuis des décennies ou seulement moins d’un lustre, s’en ajoutent petit à petit des nouvelles venues, donnant à cette ville une dynamique à la hauteur de son ambition démographique.
...
A la rentrée, Rita Alaoui, jeune artiste décomplexée d’autant qu’elle a vécu aux USA, montrera des tableaux empreints de légèreté et touchés par l’esprit de l’enfance, notamment dans sa façon de présenter le monde allusivement. Qu’il s’agisse de fruits, de légumes, de poissons ou de fleurs, c’est la couleur qui dessine une forme qui se confond avec le fond, dans le plaisir évident de faire naître les choses d’une matière qui ne renie en rien sa fluidité. Il y a sans doute de la part de cette artiste la volonté de se défaire de la calligraphie traditionnelle et de s’approprier le meilleur de la peinture américaine des années 60-70, notamment Twombly, Frankenthaler et le color-field. Une exposition pleine de fraîcheur en attendant l’immense star qu’est devenu Fouad Bellamine, de retour à Montpellier, vingt ans après ».

Bernard Teulon-Noailles

 

Le Matin, le 30/04/2004
Galerie Mohamed El Fassi (Rabat, Maroc) :
Rita Alaoui dans son retour vers la nature

Rita Alaoui expose ses œuvres récentes à la galerie Mohamed El Fassi. C'est la première fois qu'elle expose à Rabat, après avoir fait plusieurs prestations au Maroc et à l'étranger.
Ayant fait ses études plastiques au Parsons school of design (New York-USA), Rita Alaoui revient à son pays natal où elle vit et travaille à Casablanca, tout en poursuivant son parcourss artistique d'une manière très régulière.
Ainsi, elle a déjà exposé dans plusieurs galeries à Casablanca et Marrakech, comme elle a participé à la 24e édition du Festival d'Asilah, puis d'autres manifestations à Paris et New York. Les tableaux de Rita Alaoui se trouvent aussi parmi la collection privée de la Fondation Wafabank, la Société marocaine de banques, Siemens Maroc, Centre culturel Dawliz et certains hôtels.
Rita Alaoui nous présente une peinture un peu différente des autres peintres marocains, et ce en éliminant tout ce qui a été utilisé d'une manière abondante sur la scène artistique. Ceci est le résultat des études qu'elle a effectuée aux Etats-Unis qui sont à l'origine de cette particularité dans son travail pictural, mais tout en se basant sur la lumière pour travailler sa couleur et obtenir une transparence joyeuse et enfantine.
«Mes études à Pasons School of Design m'ont beaucoup aidés à ouvrir mon champ de vision et avoir un esprit critique et analytique devant toute situation. Mais, il reste que chaque artiste crée suivant son regard, son histoire et sa façon unique d'approcher la matière», nous explique Rita Alaoui à propos de sa vision picturale.
Un style à part qui dénote de la légèreté et de l'innocence qui fait penser à une ambiance ludique et très joyeuse, avec un retour à l'élément naturel, grâce à l'utilisation des couleurs dans leur état primordial. «La nature est depuis le début un moteur important derrière ma peinture.
Ce n'est donc pas vraiment un retour, mais une continuité et une évolution de l'élément naturel. A travers les formes et les couleurs, il s'agit de fertilité, de naissance et de vie, une sorte d'hymne à la vie qui à chaque situation possède des sujets différents», selon l'artiste peintre Rita Alaoui qui ajoute à propos du mot ludique qu'un tableau de peinture est là pour nous apporter du bonheur et nous emporter vers un monde où l'imagination et le rêve sont rois.

O.B

 

ABSOLUTment Artiste
Exposition au Barok Café - Casablanca 2003

Le travail de RITA ALAOUI s'inscrit dans un cadre tout à fait particulier par rapport à la peinture marocaine. Ayant eu un parcours légèrement différent des artistes marocains de sa génération, elle présente une peinture débarrassée de certains problèmes déjà usités sur la scène artistique. En effet, RITA ALAOUI a fait une partie de ses études aux Etats-Unis et par ce fait, elle draine un nombre de problématiques inhérentes à sa formation.
Si, sur le plan chromatique, elle reste, comme tous les Maghrébins, attachée au travail de la lumière, elle présente néanmoins quelques points de différences. À ce niveau, elle s'applique à travailler sa couleur afin qu'elle obtienne une transparence joyeuse et enfantine. On dirait qu'elle la dévitalise en vue de lui insuffler une nouvelle vie, ou dirions-nous, elle la desquame de sa peau pour la présenter dans sa virginité primordiale. L'œil exercé ne manquera pas de s'interroger sur la "marque "de la pâte dont elle use.

Aussi, ses couleurs, qui ne s'écartent point de leur caractère primaire, tendent-elles à se libérer de la pesanteur et de la densité de la matière. Dénudées, les couleurs deviennent gustatives et donnent ainsi l'eau à la bouche.
Cette notion de légèreté et d'innocence transparaît aussi au niveau de l'animation de la surface.
Les traits et les formes sont aériens. Tout donne à penser à une ambiance ludique où la rigueur s'évanouit, laissant au corps la possibilité de rythmer le mouvement de la main. Mais, quand le tableau est agencé sous forme d'éléments de répétition de motifs ou d'éléments reconnaissables, on comprend bien le plaisir que l'artiste veut partager avec le public. Ponctuations qui viendraient, pourrait-on croire, des pulsations du cœur !
Ce retour au Primordial dans la matière colorée est accompagné d'un retour à l'élément naturel. Ne dit-on pas qu'il faut se débarrasser de la culture pour retrouver la nature ? L'artiste n'hésite pas à sacrifier, quand il le faut, son savoir-faire pour retrouver son regard premier sur la nature. Elle efface tout de la terre pour revivre le moment jubilatoire de voir renaître la vie des profondeurs. Ainsi, la démarche n'a rien de romantique (du moins, le romantisme dans sa forme classique) ; la démarche est bel et bien ludique.

Moulim El Aroussi
( Écrivain, professeur de philosophie de l'art)

 

 

"Entre Terre et Ciel"
Exposition à la Galerie Al Manar-Casablanca, 2003


Visitant le nouvel atelier de Rita Alaoui à Casablanca, nous avons retrouvé avec plaisir le travail découvert, et exposé, en 1999 ; travail renouvelé, qui atteint aujourd'hui une vraie maturité artistique. Ces quelques années, d'expériences, d'approfondissements, de remises en question, auront sans doute été essentielles dans la démarche d'un peintre aussi peu conformiste. L'ensemble des compositions présentées à la galerie Al Manar-Dawliz témoigne d'une recherche sur la forme, le sens et la couleur ; avec en prime, maintenant, une mise en perspective et, dans le choix du titre de l'expo, "entre terre et ciel", comme l'écho d'une interrogation quant à la place de l'Homme dans le monde qui l'entoure. Certes Rita Alaoui n'a pas été insensible aux photographies d'Arthus-Bertrand rassemblées dans ce beau livre qu'est "La Terre vue du ciel". Mais elle a su réinterpréter les images qui l'ont frappée ; elle a dépassé l'anecdote exotique pour atteindre la forme essentielle, dépouillée de la séduction de ses détails, mise en valeur par le seul jeu de la couleur.

Il y a chez Rita Alaoui, qui a étudié la peinture aux Etats-Unis, un ancrage de bon aloi dans la modernité figurative, disions-nous lors de sa première exposition personnelle au Maroc. Mais ce peintre reste, d'abord, un coloriste. Les rapports chromatiques qu'elle établit sont sensibles, élégants ; il y a, souvent, une bonne part d'humour dans son trait, et comme une délicatesse mutine dans ses compositions.
Cette qualité de vision, et d'imagination, servie par une technique suffisamment maîtrisée, est assez rare aujourd'hui pour être soulignée. Voilà une peinture qui, dans la légèreté de son propos, est pleine d'allant ; elle parle et sait nous mettre de belle humeur : l'artiste en soit remerciée.

Ce peintre, exigeant et raffiné, poursuit son chemin sans ameuter les médias ni brader son talent. Les travaux exposés à la galerie Al Manar-Dawliz confirment le souffle nouveau qu'il apporte à la peinture, au Maroc. Il y a là une création, dynamique et inventive, qu'il serait bien mal venu de négliger. D'ailleurs les collectionneurs ne s'y trompent pas - du moins ceux qui ont assez de curiosité pour s'intéresser au travail d'un peintre jeune encore mais qui, n'en doutons pas, ira loin dans sa démarche.

Alain Gorius (Galeriste et éditeur)